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Si vous résidez actuellement en montagne, vous aurez sûrement eu l’occasion de rencontrer des bandes organisées qui se dirigent vers on ne sait où, accompagnées de bergers parfois dépassés et de chiens passablement excités.
Ne parlant pas couramment le langage de la Tarasconnaise, de l’Aure-Campan ou de la Barégeoise, vous serez restés étrangers aux conciliabules qui se tiennent au sein du troupeau.

 

Salon du livre pyreneen - bagneres transhumances

La Transhumance en folie

 

C’est dommage car c’est alors tout un monde qui vous échappe.

Le monde amusé et fortement « anthropisé » de Josette et Mauricette, deux estivantes bon chic bon genre d’une colonie de vacances, qui montent dans les hauts pâturages en ruminant sur leur ovine condition.

Ca tcharre dans les rangs, évoquant ci-et-là, le développement durable, la gouvernance du troupeau, les voyages organisés, le passage au marché, la présence de l’ours et du patou, la quête spirituelle, les déficiences de la signalisation routière, les transports en communs … bref, tout ce qui constitue le quotidien de la brebis civilisée.

Enfants et parents, si vous souhaitez  faire un bout de chemin avec Josette et Mauricette, elles vous attendent de patte ferme dans les librairies des plaines et des vallées ou si ne vous trouvez pas, sur Amazon.

En espérant que vous ne resterez plus indifférents aux bêlements de ces belles  …

La Transhumance ou les Jolies Colonies de Vacances
ISBN : 979-10-90466-00-5

– Raphaëlle Jessic – Laurent Gaulhiac
Editions « De Plaines en Vallées » : http://www.deplainesenvallees.com/

 

Après 3 mois passés en estive sur les hauts de la Gela, il est temps de redescendre dans le bas de l’Aure. Cette année, ils sont venus à 6 nous chercher, nous qui n’étions que 11 ! Mais 11 blondes ensemble, ça fait du pétard. D’ailleurs, ils ne nous ont pas trouvées tout de suite. On était sur les hauts plateaux, un peu cachées. Cela leur aura fait les pieds et les mollets d’arpenter les dessous de Chermentas. Ils disent qu’ils ont fait plus de 30 km et près de 45 000 pas pour venir nous chercher, mais ont-ils seulement envisagé combien de sabots nous avons du aligner pour les accompagner ?

Comme ils ne le demandaient pas, on leur a quand même expliqué que le séjour en altitude s’était bien passé. La vachère était aux petits soins avec nous et nous n’avons manqué de rien. Surtout pas d’eau qui est tombée en Abondance, comme dit notre voisine des Alpes… Résultat : nous disposions d’une herbe grasse à souhait que nous aurions pu encore brouter jusqu’à l’orée de l’automne … Mais bon, le patron a décidé qu’on redescendait, alors, nous, bonnes filles, on s’exécute …

Sinon, quelques pertes sont à déplorer parmi les collègues dont quelques glissades sur du gispet détrempé qui ont mal fini. Les vautours, avec l’appétence qu’on leur connait, ont terminé le travail …

Qu’on vous dise : à force de flâner, en toute liberté, dans ces espaces de toute beauté, nous sommes devenues contemplatives, retenant avec difficulté l’émotion qui nous submergeait à la vue d’un joli papillon ou d’une tendre fleur. Aussi, lors du retour, avons-nous vécu assez durement l’encadrement de ces vachers d’opérette qui flanquaient sans discernement des coups de bâtons sur nos belles croupes de blondes pour nous faire avancer*.

Nous nous consolions de notre sort en pensant à la triste condition de nos camarades du nord de la France, « stabulées » dans les étables à mille vaches, ces « musines », comme ils disent …

Après quelques 20 km passés sur l’enrobé, et une traversée très calme de Saint-Lary où nous n’avons même pas goûté aux belles jardinières, nous avons enfin atteint la terre promise, en l’occurrence un beau pré bien frais pour refroidir nos sabots surchauffés par un tel parcours.

Bon, on vous laisse sur ces « pansées », vu qu’on a encore pas mal de chose à ruminer jusqu’à la prochaine sortie.

Avec les filles, on vous embrasse et on vous dit à la prochaine transhumance !

* Cette méthode assez rude est basée sur l’effet de croupe

Cliquez sur l’image pour voir notre fantastique odyssée entre pâtures et bitume …

transhumance en haute vallée d'Aure Pyrénées

transhumance en vallée d'Aure Hautes-Pyrénées

La transhumance s’exporte en Sobrarbe

 

A voir à Ainsa, au Musée des arts et traditions, du 16 au 31 août 2014.

 

 

Entre Blondes d’Aquitaine, Tarasconnaises et Auroises, entre vallée de Saux, de la Gela et Rioumajou, quelques photos de différentes transhumances dont certaines ont été présentées à la 5ème Fête du Livre Pyrénéen d’Aure et du Sobrarbe à Saint-Lary du 6 au 8 juin 2014.

Actionnez le son et cliquez sur l’image pour déclencher le diaporama et rêver un brin …

transhumance, blondes d'Aquitaine

Les blondes à La Gela

 

Arnaud Duplan – berger en vallée d’Aure

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

TRANSHUMANCE, TERRE DE PASSAGE

Transhumance, du latin trans (de l’autre côté) et humus (la terre, le pays)

 Pratique ancestrale, la transhumance est souvent vue par des yeux extérieurs comme un événement folklorique. Si elle présente aujourd’hui un intérêt touristique permettant d’animer les vallées, sa justification est avant tout économique (modèle d’élevage extensif) : conduire les bêtes en estives permet, pour les éleveurs, de libérer les prés du bas de vallée et de pouvoir récolter le foin en été, ce qui permettra de nourrir les bêtes l’hiver.

Passer l’été en estive présente également un grand intérêt en terme d’environnement et de biodiversité. En effet, par leur pâture, les animaux entretiennent les paysages et empêchent qu’ils ne se referment. Par ailleurs, lors de leurs déplacements, ces derniers propagent graines et spores entretenant ainsi la biodiversité.

 Ces passages d’animaux s’échelonnent, suivant les conditions météo et l’enneigement sur les cimes, de la mi-mai à la mi-octobre. Traditionnellement les brebis ouvrent la marche, suivies par les vaches quelques temps plus tard. Pour ce faire, les ovins et bovins encadrés par les éleveurs, bergers et leurs amis, empruntent les routes départementales et les sentiers. Ceci donne parfois des scènes épiques qui font le bonheur du photographe.

Les transhumances estivales et hivernales qui sont présentées dans cette exposition sont celles réalisées ces dernières années par les éleveurs suivants : Justal de Guchan (Blondes d’Aquitaine), Moreilhon de Guchan et Bergua de Bazus-Aure (Tarasconnaises), Cascarra de Vielle-Aure (Auroises).

Transhumance de moutons en vallée d'Aure

En ce dimanche 3 octobre 2010, il est temps de faire redescendre les brebis de la montagne du Rioumajou et de les rentrer au bercail à Vielle-Aure.

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Voilà, toute bonne chose a une fin. Après 3 mois passés dans la montagne de La Gela (Hautes-Pyrénées), les belles blondes rentrent de vacances.

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Voici de belles blondes transhumant en vallée d’Aure ce week-end. On les voit ici en train d’attaquer une de leur première ligne droite.

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Ce week-end, de nombreuses transhumances vont avoir lieu dans la vallée. Histoire de vous remettre dans l’ambiance, Montagne Pyrénées vous donne l’occasion de revisiter celle de l’an dernier, vue sous un angle amusé. Au sein de la communauté d’estivants, de surprenants propos avaient été échangés …

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