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La chanson de Guchan

Depuis quelques années paraissaient dans un excellent périodique «Clochers d’Aure» des chansons auroises composées par O. Redon (NDLR: on remarquera le jeu de mot massif).
Ces chansons ne sont pas des chansons banales que l’on peut appliquer à n’importe quel village en changeant quelques mots. O. Redon (NDLR : en fait, l’abbé Vidalon, curé de Guchan) qui est un Aurois de vieille souche, connait particulièrement chaque village et presque toutes les maisons de la vallée. Les particularités curieuses de chaque commune, le souvenir d’événements historiques, des tournures de langage, des méthodes culturelles, l’industrie locale, les qualités physiques ou les défauts moraux des habitants y sont tantôt rapidement rappelés, tantôt mis en relief.

J FRANCEZ

Adaptées à des mélodies anciennes qui faisaient jadis les délices des Aurois, elles ont été éditées afin de générer des élans de générosité en faveur de la chapelle N.-D. du Bouchet.
O. REDON – Guchan – juillet 1951

Guchan sous la neige en 1916

Guchan sous la neige en 1916

La chanson de Guchan

Salut Guchan, qui non loin de la route
Au voyageur te montres souriant.
Lequel ravi, ses pas arrête et goûte
De ta beauté le spectacle enivrant.

Salut clocher, baignant dans la lumière
Qui vers l’azur te lances radieux
Et qui nous dit montrant la flèche altière :
Montez, amis, en route vers les cieux.

Ce bel hôtel, qui doucement nous guette,
Nous dit : « Amis, entrez comme chez vous.
Bien inspiré qui sous son toit s’arrête.
C’est le confort, l’accueil aimable et doux.

Que j’aime aussi ta vaste et belle place
Jardin d’amour où sommeille l’ormeau
Offrant gentil au voyageur qui passe
Paix et fraîcheur sous le touffu rameau.

Un peu plus haut j’aperçois le calvaire,
Ce mamelon déployant son front nu
Du sein duquel sort l’onde salutaire
Dont les savants ont redit la vertu.

J’aime, ô Guchan, tes fils que rien n’arrête
A l’esprit vif, au verbe délié,
Vers l’avenir, comme vers une fête
S’acheminant l’air fier et décidé.

Mais cependant on les redoute aux foires
Pour l’art qu’ils ont d’accrocher l’acheteur.
Retords et fins, racontant des histoires,
On les dit forts pour bercer le vendeur.

Guchan, tu fus jadis la pépinière
D’instituteurs et de très bon docteurs
Ceux d’aujourd’hui brillant dans la carrière
Bien dévoués, moissonnant les honneurs.

Des noms suivants formant une couronne
Je citerai le grand docteur Toujan :
Un Labadens, beau colon qui rayonne,
Par son labeur, tenace, intelligent.

J’arrête ici, Guchan ces pauvres rimes,
Maigre bouquet cueilli dans un beau champ
Sur ton autel l’œil fixé sur ces cimes,
Que n’ai-je su t’offrir un meilleur chant ?

O. REDON

 

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Quelques tranches de vie guchanaises

Les hommes notamment se réunissaient souvent le soir et parfois le dimanche en fin d’après-midi sur la place du village en s’asseyant sur les grosses racines des arbres qui par leurs formes façonnées par la nature formaient des sortes de mini-sièges et parlaient entre eux des « affaires du village ou de la nation…. » Parfois des discussions âpres avaient lieu au moment des élections ou lorsqu’elles portaient sur des litiges en matière de pacage.

L’été, les enfants avaient le droit de jouer jusqu’à une certaine heure à cache-cache ou à la pétanque sans toutefois dépasser un périmètre restreint sous l’œil attentif des anciens.

Si tel ami de la boisson avait le verbe haut, parfois, ou tel autre était un peu « simplet », il y avait toujours quelqu’un qui leur portait « une gamelle ». Point de CCASS ni de Resto du Coeur dans ce village mais une solidarité humaine avec ses défaut et qualités.
La vie était rythmée par les travaux agricoles, les chars de foin mis en attente d’être déchargés sous le grand marronnier. Les marchands ambulants boulangers, épiciers tels M. VERDIER de Vielle-Aure avait son emplacement sous le grand orme vers chez Camille une fois par semaine…Un autre devant chez Fréchou….

Dans la chanson de Guchan sont successivement évoqués, le clocher de l’église Saint-Marcel, l’hôtel Daubusson, les ormeaux de la place qui ont été depuis décimés par la graphiose, la foire Saint-Michel, le docteur Toujan, auteur de « La vallée d’Aure, ses cures d’air et d’altitude » …

Si vous avez des témoignages à livrer sur la vie passée à Guchan, vous pouvez les déposer en commentaires.

 

Maynat de Moulor

A propos de l’auteur

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