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colloque à Luchon sur le développement des refuges pyrénéens

 

Les 1er et 2 décembre s’est tenu à Bagnères-de-Luchon (31) un colloque international sur les refuges pyrénéens. Organisé par la FFCAM (Fédération Française des Clubs Alpins et de Montagne) dans sa composante Occitanie avec le soutien de la ville de Luchon, financé par l’Europe et l’État (FNADT), il a réuni près de 250 personnes de tous horizons (gardiens de refuge, bien sûr mais aussi responsables de clubs de montagne, présidents de fédérations françaises, espagnoles et andorranes, accompagnateurs en montagne, guides, institutionnels, élus, agents du tourisme …). De l’avis des organisateurs, c’était la première fois qu’on assistait à une telle représentativité dans un colloque de ce genre.
Preuve que le sujet est d’importance et mobilise les acteurs de la montagne.
Voici quelques éléments retenus de cette manifestation en ce qui concerne les défis que doivent relever les refuges, sachant que le colloque devrait déboucher sur un plan de Développement présenté dans les années à venir.

 

CARACTÉRISATION DES REFUGES

75 refuges sont dénombrés sur le massif qui correspondent à la notion juridique française de refuge (caractère isolé) avec des propriétaires et gestionnaires de status divers et variés et de trois nationalités différentes ce qui ne simplifie pas les choses pour le recueil et l’harmonisation des données. Celles qui ont été présentées ne sont pas reprises ici car relativement parcellaires. Elles demanderaient un travail d’homogénéisation et de consolidation à l’échelle du massif (voir la conclusion sur la mise en place d’un observatoire). Nous nous attacherons plutôt à caractériser les refuges sur le plan qualitatif.
Le refuge est un lieu consensuel, la plupart du temps, accepté de tous. Il bénéficie du soutien des politiques publiques, notamment du POCTEFA (programme opérationnel de coopération territoriale Espagne – France – Andorre) dans son volet transfrontalier.
S’ils sont consensuels, les refuges ne sont pas pour autant uniformes. Chaque structure est différente et chaque gardien est particulier et très attaché à sa singularité.
Le refuge n’est pas qu’un hébergement, c’est une porte d’entrée vers la connaissance de l’environnement mais aussi un lieu sécurisé dans un univers de haute montagne qui peut s’avérer hostile.
Le refuge est également un lieu et convivial où se rencontrent des gens provenant d’univers différents (des étudiants, des sportifs, des retraités …) mais qui partagent des valeurs identiques (goût esthétique, de l’effort, découverte flore, faune, recherche de calme…) En ce sens, c’est un vecteur de citoyenneté.
C’est aussi un lieu relativement onéreux. Ce sont surtout les CSP+ qui le fréquentent (incidence des coûts et des niveaux d’étude). En conséquence, si l’on veut plus de mixité sociale, il faut démocratiser l’accès aux refuges : prévoir des tarifs pour les familles, pour les étudiants. Étudier la complémentarité avec l’hébergement en bas de vallée (éviter de faire payer deux fois des nuitées). Harmoniser les tarifs.
Il faut augmenter sa fréquentation,  soumise à forte saisonnalité, dans les périodes de moindre affluence (début et fin de saison) sans créer pour autant une saturation.
L’ouverture toute l’année que pratiquent les espagnols, si elle pourrait être souhaitable n’est pas réalisable pour tous les refuges (conditions d’accès parfois dangereuses l’hiver, éléments de confort manquants (chauffage, lieux pour le matériel …), disponibilité des gardiens …). De plus, cela supposerait l’emploi d’équipes tournantes comme le font nos amis espagnols.
La clientèle de randonneurs qui fréquente les refuges est vieillissante et donc moins apte sur le plan physique à affronter les pentes. On rencontre donc un problème de renouvellement de ce type de clientèle. Elle est remplacée par un public plus jeune et plus sportif au caractère, peut-être, moins contemplatif et plus individualiste.

AMÉLIORER LES ÉQUIPEMENT DES REFUGES

Chaque refuge est particulier, son équipement dépend de sa situation (altitude, exposition …), de sa clientèle potentielle, des activités qui y sont ou pourraient être exercées … Il est important de bien aménager les espaces de vie des gardiens qui pourront ainsi délivrer une meilleure qualité de services. Il convient également d’améliorer le confort que les utilisateurs pourront y trouver (30 % des refuges n’ont pas de douches, le pb de la promiscuité dans le dortoir est souvent un élément rédhibitoire) sans pour autant banaliser le produit. Lorsqu’il repart du refuge, le randonneur doit être reposé, restauré, réchauffé, informé.
Tout projet d’aménagement doit intégrer le plus en amont possible les parties prenantes (architecte, gardiens, propriétaires,usagers, pouvoirs publics, partenaires financiers …)
Il est également souhaitable d’intégrer les progrès technologiques notamment dans les supports permettant la préparation du voyage (site internet, résa en ligne, paiement par carte bancaire), pour les tâches techniques mais également pour la vie dans le refuge et l’animation (géocaching).
Lors d’une construction ou d’un réaménagement d’un refuge, il faut prévoir également des équipements et des espaces permettant l’exercice d’animations.

LA MISE EN RÉSEAUX ET LA VALORISATION DU TERRITOIRE

Le refuge est un lieu isolé mais relié au territoire. Il doit être intégré dans la politique de Massif.
La mise en réseau peut être provoquée par la demande, par exemple à travers l’itinérance : Il s’agit d’organiser des circuits qui relient les refuges (voir notamment EntrePyr, Carros de Foc, Royaune de l’Aneto et Tour du Néouvielle – en projets).  Ceux-ci doivent être valorisés et rendus visibles sur Internet car une grande partie de la logistique s’y déploiera. Peut être faut-il les mettre également en relation avec les itinéraires régionaux et imaginer leurs complémentarités respectives. Le côté transfrontalier doit être encouragé car créateur de richesse d’échange et de socialisation.
Il faut faire en sorte que le refuge soit un élément de la destination Pyrénées et que sa prestation figure dans les programmes des opérateurs (OT, hébergeurs …) lors de la « mise en tourisme ».
Il convient de mettre en réseau les refuges eux-mêmes, permettre que les gardiens se rencontrent y compris en dehors des syndicats professionnels. Le refuge peut être également une vitrine du territoire où sont présentés les produits locaux (soit en vente, soit intégrés dans les préparations culinaires avec explication du gardien).On pourrait également imaginer des circuits d’approvisionnements associant refuges, hébergeurs de la vallée et producteurs locaux.

LES ANIMATIONS

Le métier de gardien est un métier hors du commun dont le contenu évolue très rapidement. Il doit donc s’adapter aux nouvelles pratiques.  A cet effet, il doit organiser l’espace autour des refuges : itinéraires à indiquer vers les sommets (le refuge n’est pas toujours une fin en soi), revaloriser la place de la haute montagne, indiquer les différents points d’intérêts et proposer des zones de trail autour des refuges ….
Les gens qui viennent en refuge sont à la recherche d’émerveillement, ils veulent vivre une expérience en famille. Le lieu, en pleine nature et isolé, s’y prête admirablement.
Toute une pédagogie autour de l’environnement peut être organisée notamment en faisant du refuge un poste avancé d’observation du changement climatique (la montagne y est plus sensible que d’autres territoires).
Le refuge doit être l’endroit où l’on puisse ouvrir ses sens, c’est l’antithèse de la ville.
Soumis à de rudes conditions, il peut constituer un laboratoire sur des pratiques de développement durable sur lesquelles communiquer (énergies renouvelables, isolation, matériaux naturels, économie de la ressource en eau, assainissement, économie d’énergie, traitement des déchets, approvisionnement …).

colloque refuges pyreneens Luchon

L’ACCUEIL

Avant même d’être accueilli sur site, le « prospect » doit savoir à quoi s’attendre AVANT de monter. Il en acceptera d’autant mieux un confort parfois rudimentaire, lié aux contraintes du site. La promesse doit être cohérente avec le positionnement. L’offre doit donc être claire et visible sur les différents supports de communication et délivrée correctement par les agents touristiques.
Le refuge  est une zone d’accueil pour des populations bien différentes : les sportifs : escalade, trail …, les randonneurs en groupe ou individuels, les familles …des publics différents avec des demandes différentes y compris sur le plan alimentaire. Le gardien, hyper sollicité, doit savoir s’y adapter sans pour autant céder au diktat de la demande.
Le refuge pourrait être également un lieu d’accueil pour les populations en difficulté s’il y avait une réelle volonté politique pour ce faire.
Le gardien doit être accueillant, à l’écoute alors que sa disponibilité est limitée en période de forte affluence.
Il conviendrait de sortir de la logique « un refuge, un gardien » pour déléguer des animations à des prestataires externes (AMM, guides, … ) qui pourraient venir avec leurs clients (package avec hébergement en bas et en haut de vallée). Animations également à prévoir, si possible, avec des acteurs du milieu naturel (ONF, Parc, berger, ONCFS, associations de nature, des conteurs, des grimpeurs, des artistes, photographes …).
Le refuge est, en effet, le lieu où se cristallisent les histoires et expériences de la montagne.

Le gardien de refuge est également gardien de l’environnement pour repérer les mauvaises pratiques pour les corriger par la pédagogie, canaliser les publics …

LA CUISINE INTERNE

Il faut clarifier les rapports entre propriétaires et gardiens et faire en sorte qu’ils soient basés sur la confiance et non sur la suspicion ou la méfiance.
Des objectifs communs doivent être élaborés entre les contractants de façon à ce qu’ils travaillent mieux ensemble. Même si des contrats régissent les rapports entre propriétaires et gardiens, ces derniers doivent bénéficier d’autonomie dans leur action et pour promouvoir leur prestation.

Les propriétaires doivent accepter que le refuge puisse ne pas être rentable comme c’est le cas de bien d’autres activités d’ailleurs. Sachant qu’une dépense occasionnée en refuge contribue à faire fonctionner l’économie circulaire d’une vallée. Les décideurs doivent avoir une vision à long terme de son utilité et de ses fonctions.
Même si elle est déjà en place et a permis de renforcer les compétences des gardiens, la formation doit être encouragée et doit intégrer de nouveaux modules en lien avec l’évolution de l’activité.

Créer un observatoire des refuges pour obtenir des données standardisées et exhaustives de leur activité en toute transparence serait une bonne chose.

Philippe Villette 06/12/2016

Voir aussi cet entretien de France 3 Midi-Pyrénées : « Quels enjeux pour les refuges des Pyrénées ?« 

Petite marche nordique en bois de Soula au dessus du Val de Grailhen. De belles échappées vers les cimes de la vallée d’Aure, enneigées. Une atmosphère particulière en forêt avec une saison qui hésite à passer le relais et une blanche, dans tous ses états …

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balade Grailhen vallée d'Aure Pyrénées

Un bien beau dimanche accompagné par la blanche …

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neige en vallée d'Aure Pyrénées

Clocher de l’église Saint-Marcel de Guchan *

Une église qui subirait quelques infiltrations …

Voici une vue du fond d’Aure, prise ce soir et qui est adaptée à l’air du temps …

coucher de soleil en vallée d'Aure Pyrénées

Coucher de soleil sur le Garlitz

Harmonie du soir

Voici venir les temps où vibrant sur sa tige
Chaque fleur s’évapore ainsi qu’un encensoir;
Les sons et les parfums tournent dans l’air du soir;
Valse mélancolique et langoureux vertige!

Chaque fleur s’évapore ainsi qu’un encensoir;
Le violon frémit comme un coeur qu’on afflige;
Valse mélancolique et langoureux vertige!
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir.

Le violon frémit comme un coeur qu’on afflige,
Un coeur tendre, qui hait le néant vaste et noir!
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir;
Le soleil s’est noyé dans son sang qui se fige.

Un coeur tendre, qui hait le néant vaste et noir,
Du passé lumineux recueille tout vestige!
Le soleil s’est noyé dans son sang qui se fige…
Ton souvenir en moi luit comme un ostensoir! »

Charles Baudelaire in Les Fleurs du Mal

D’un village au fond de ma vallée, hommage pour la ville où je suis né et qui est aujourd’hui bien endeuillée …
Pour qu’elle ne perde pas la lumière, quelques vues apaisantes prises hier après-midi de Grailhen, en vallée d’Aure, qui a lui-même vécu un drame, il y a bien des années.
Difficile d’imaginer, dans ce calme et cette douceur, les horreurs qui se sont, dans la ville lumière, déroulées …
Parce que la vie, la liberté, la beauté seront toujours plus fortes que la mort ….
Pensées émues pour les victimes et leur famille.

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Grailhen en vallée d'Aure

Eté indien de la Saint-Martin, patron de Grailhen

 

En accompagnement musical, vous pouvez écouter cette lumineuse chanson de Gérard Manset :

« Mais quand même, On se souvient, On se rappelle De quelque chose Qu’on pose près du lit, D’une lumière Qui brillait la nuit. »
Gérard Manset
 

Belle lumière, ce matin, pour saluer la venue de la neige sur Soum de Matte (Saint-Lary)

Belle lumière sur Soum de Matte Saint-Lary

Il y a longtemps que je souhaitais parcourir ce lieu que je contemple souvent depuis ma fenêtre et que j’ai souvent pris en photo. Il s’agit du lieu-dit Sarradets, sous le pic de Lio, dans le massif de l’Arbizon; étendue herbeuse sous les rochers d’où partent l’hiver de nombreuses avalanches. A partir d’Estiouère, mieux vaut suivre la piste puis les sentes afin d’éviter d’éventuelles glissades sur le gispet.
De là-haut, une vue splendide se révèle sur la vallée d’Aure et ses teintes automnales qui n’ont pas encore abdiqué …

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sous l'Arbizon vallée d'Aure - Pyrénées

 

Quelques vues automnales glanées en haute vallée d’Aure, Rioumajou et Couplan. Beautés éphémères, aux arbres encore accrochées, qui seront bientôt terrassées par les prédateurs naturels que sont le vent et le gel.
Alors profitons de l’instant présent pour se gorger de ces teintes qui parent la vallée de la beauté du diable ….

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automne en vallée d'Aure Pyrénées

Bon Plan automnal

Chaque année c’est la même chose : l’arrivée d’une saison donne l’occasion d’éditer un billet qu’on pourrait qualifier de marronnier dans la mesure où il se répète. Mais, pour celui qui sait observer, chaque saison est différente. Cet automne, en vallée d’Aure, les merisiers sont particulièrement en vedette, instillant des touches écarlates ci-et-là …
Je ne sais si c’est lié à la sécheresse qu’on a connue cet été mais, cette année, ils sont beaucoup plus précoces et d’un rouge éclatant qu’on a rarement vu ; un ravissement.
Sinon, à la Hourquette d’Ancizan, on pouvait aussi goûter de bon petits bruns au petit-déjeuner de ce matin …

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Grailhen dans les Hautes-Pyrénées en automne

Pleins feux sur Grailhen

Les premières teintes automnales et les premiers frimas annoncent le retour en basse vallée des estivantes haut-perchées …

Comme chaque année, à la même époque, c’est la fin du séjour en estives pour les 9 Blondes d’Aquitaine d’Élie Justal, éleveur à Guchan (65). Avec Lionel et l’aide de Delphine, la vachère de la Gela, nous sommes allé chercher le troupeau, dans ses quartiers d’été, au plus haut de la vallée. C’est, en effet, sous le pic de la Gela, au lieu-dit Casterets, à environ 2200 m d’altitude que les protégées d’Élie résident pendant 3 mois.

Des blondes, certes, mais des montagnardes …

Nous sommes là sur le territoire indivis des communes de Guchan et de Bazus-Aure, dans la zone coeur du Parc national des Pyrénées, lieu qui est également déclaré « Patrimoine mondial de l’Unesco « Pyrénées Mont Perdu« , ce que peu de valléens savent ….

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transhumance en  pyrénées vallée de la Gela

Delphine et Lionel conduisent le troupeau vers la fontaine de Chermentas

Cette année, pas de problème de brouillard pour localiser les estivantes. Juste un bon dénivelé pour les atteindre (900 m D+ et 1400 m D-) et pour resdescendre, avec elles, jusqu’à la neste de la Gela, près de la cabane éponyme. Neste qu’elles franchiront sans encombres. Ensuite, nous emprunterons la piste présentant quelques difficultés pour des animaux de 600 à 800 kg (Coaou deth bosquet, Labasse), croisant au passage pas mal de randonneurs ravis de la rencontre. Avec le renfort du jeune éclaireur-cycliste Lilian et de Cécile, nous avaleront, ensuite, une vingtaine de kilomètres d’enrobé sur la départementale où la cohabitation avec les véhicules s’est bien passée.
Pressées de descendre, nos amies à cornes ne feront, cette fois-ci, presque pas de pause au Moudang et à la déchetterie de Saint-Lary.

Elles auront gagné la terre promise, un pré de Bourisp, avec, comme récompense, une bonne ration de sel, de l’eau et de l’herbe grasse pour reposer leurs sabots bien fatigués.
Les occasionnels « accompagnateurs en estives » que nous sommes penseront également à soigner leurs ampoules et articulations délicates et à se sustenter lors d’un repas roboratif offert le soir par l’éleveur.
Ainsi se déroule, depuis des temps immémoriaux, ce rituel pastoral toujours justifié sur le plan économique, environnemental et culturel.

 

Billet en hommage à Jean-Claude Mathieu qui vient de nous quitter.  Jean-Claude était le trésorier de l’association « Sauvons la Gela (ADPSG). Il s’était battu, avec d’autres, pour sauvegarder l’intégrité de cette vallée.
Toutes nos condoléances à Monique, son épouse et à ses enfants.

Par une journée de belle luminosité, balade agréable de fin d’été sur les rives de lacs des Pyrénées. Du col de Portet au laquets de Port-Bielh en passant par la piste « joëlée », les lacs de Bastan, le lac de Bastanet …

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Vue sur les Pyrénées depuis les laquets de Port-Bielh

Vue depuis les laquets de Port-Bielh

Chaque année, on ne peut s’empêcher d’être émerveillé par la divine livrée …

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neige sur le pic de garlitz en vallée d'Aure dans les Pyrénées

Lever de soleil sur le pic de Garlitz

Dans le jargon journalistique, un marronnier est un papier consacré à un événement qui se répète, se répète …

Orage et averses de grêle, hier après-midi sur Ainsa (Sobrarbe) pour les fêtes de la Sainte Croix.

Une ciel tourmenté qui a bien inquiété les Trois Soeurs …

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orage sur Ainsa Sobrarbe Aragon

Un ciel d’enfer, hier soir sur Ainsa

A l’initiative d’Eric Courgeon, l’ancien gardien du refuge de Barroude, en ce jeudi 3 septembre 2015, 4 accompagnateurs en montagne ainsi que votre serviteur se sont donnés rendez-vous au départ de la vallée de la Gela. Objectif du jour pour Eric, Bruno, Rémy, Laurent et les deux Philippe : atteindre les ruines du refuge de Barroude détruit en octobre 2014 pour ensuite rassembler ses débris éparpillés alentour par l’action du vent et des randonneurs, afin de sécuriser le site.

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Eric devant l’amas de tôles du refuge

La finalité de l’action est guidée par un soucis de sécurité : éviter que d’éventuels promeneurs puisse être blessés par des tôles emportées par des bourrasques. De plus, pour ceux qui ne connaitraient pas le coin, rappelons que ce magnifique site dont nous n’avons qu’entraperçu le cadre du fait du mauvais temps régnant sur les lieux, est situé dans la zone coeur du Parc national des Pyrénées et du Patrimoine mondial de l’UNESCO (Pyrénées Mont Perdu).
Il est donc navrant de voir des amas de tôles rouillées jonchant un tel lieu.

Lors d’une première halte au pluviomètre (signe prémonitoire ?) parmi oseilles sauvages, sarrous et blondes d’Aquitaine, nous sommes observés par une harde d’isards qui se demandent bien ce que peuvent faire des randonneurs en montagne par un temps pareil …
Nous remontons ensuite la cascade, avec, au dessus de nous, les Pichous dans la brume et atteignons les restes du refuge à l’heure du casse-croûte.
Après une rapide collation dans la brume et le vent, nous nous attelons à la tâche alors que les premières gouttes de pluie commencent à tomber. Elles seront accompagnées par de la grêle et de l’orage. Super lorsqu’on manie de la ferraille; mais Barroude mérite bien qu’on se mouille pour lui, n’est-ce pas ?

La principale difficulté de l’exercice était de rendre homogènes les tôles provenant de la toiture en les pliant afin de pouvoir les transporter vers l’enceinte du refuge. Nous n’étions pas trop de 6 pour les véhiculer.

« J’avais vu des photos des débris éparpillés de la toiture mais je ne me rendais pas compte qu’il y en avait autant. »

Certains, trop lourds, n’ont pas pu être acheminés jusqu’au refuge et ont été stockés plus bas. De même, le portique supportant les panneaux solaires, n’a pu être déplacé.
Quelle émotion de revoir ce bâtiment où nous avons passé quelques nuit, dans cet état. J’imagine les pensées d’Eric et Rozenn qui eux, y ont séjouné pendant 9 étés …
Après avoir replacés les bouteilles de gaz dans leur remise, nous sommes redescendus transis et trempés dans la vallée mais heureux d’avoir fait oeuvre utile et d’avoir passé un bon moment de convivialité même si les conditions étaient difficiles. Le chocolat chaud offert par Eric au Relais du Néouvielle aura fait du bien …
Le site va encore être fréquenté prochainement puisque des entreprises susceptibles d’intervenir pour le nettoyer doivent le visiter le 10 ou le 11 septembre et le Trail de Piau y passe le 12 septembre.

Souhaitons, de tout coeur, que ce refuge que les montagnards et randonneurs affectionnent tant, soit reconstruit un jour …

Un petit coup de gueule en passant … sur la crête de Grascouéou …

Il était une fois un bel ensemble de granges foraines sur des estives intermédiaires. Le site a pour nom Grascouéou (curieusement nommé « Grascoucous » sur le cadastre figurant sur Géoportail). Il est situé sur la montagne de Vielle-Aure qui surplombe Saint-Lary. Jadis, les granges avaient un usage pastoral. Elles servaient à abriter le bétail qui paissait alentour au printemps et à l’automne et à engranger le foin récolté en été lorsque les bêtes estivaient plus haut, vers Espiaube. Comme le dit le CAUE (conseil d’Architecture, d’Urbanisme et de l’Environnement ), « elles sont emblématiques de la culture pyrénéenne et du paysage« .
Aujourd’hui, sur le site de Grascouéou, elles n’ont plus guère de fonction pastorale vu l’état d’abandon dans lequel certaines se trouvent.

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grange de Grascouéou - Saint-Lary pastoralisme pyrénées

Une grange qui se ruine est également une perte d’aménités environnementales

Chaque année, je parcours le site et je me désole de voir les bâtiments inexorablement s’abimer, victimes des rigueurs de l’hiver et de l’oubli des hommes …

Ici, il ne s’agit pas de bâtiments isolés mais desservis par une piste. Contrairement aux granges de Camplets situées juste en dessous et qui sont complètement étouffées par la forêt, celles-ci sont facilement accessibles pour des entreprises devant intervenir. Alors, à quoi attribuer cet abandon ? Problèmes financiers pour restaurer ? désaccord entre héritiers ou tout simplement négligence ?

En comparaison, les granges foraines du Val de Camparan sont, elles, beaucoup mieux conservées …

N’y-a-t-il donc rien à faire pour empêcher ces témoins de la vie pastorale de se réduire en tas de pierres ?

Il y a, en fait, peu de moyens pour contraindre des propriétaires à réaliser des travaux sur des demeures privées. La règlementation n’a que peu de prise sur la ruine, sauf si celle-ci constitue un danger. Quel contraste avec les contraintes imposées en matière de bâti lorsqu’on souhaite aménager ou restaurer une grange (cf sur le sujet, les règles de constructibilité édictées par la Direction Départementale des Territoires).

Je ne sais quels moyens pourraient être utilisés pour stopper les dégradations, voire restaurer, mais avouez que cet état de délabrement est un outrage à la mémoire des anciens qui seraient révulsés à la vue de ce qu’est devenu le bien qui leur a demandé tant de sueurs et d’efforts. Et que dire du regard des promeneurs, nombreux sur le site en été, auquel on vante l’esprit authentique des Pyrénées ? Sans compter les dangers que peuvent présenter ces ruines pour les visiteurs et leurs enfants qui peuvent parfois y pénétrer.

Vraiment un spectacle désolant qui n’honore pas la vallée d’Aure …

MAJ 16/09/2015

Le CAUE et le Parc national des Pyrénées ont répondu sur la problématique ainsi que sur les éventuelles pistes de financement pour la restauration des granges :

Les collectivités locales ne peuvent forcer un propriétaire à engager des travaux, sauf cas urgent de péril à autrui (façade menaçant de s’effondrer sur le domaine public) ou d’insalubrité extrême.

Concernant les aides pour la restauration de granges privées qui ne sont plus en activité, la Fondation du Patrimoine peut aider les particuliers et également les collectivités ou associations. Contact : Alexandre Tahon, le chargé de mission de la fondation à Toulouse au 05 62 19 00 71.
https://www.fondation-patrimoine.org/

Il existe des possibilités de financement des granges foraines, tant qu’elles restent agricoles (utilisation pour stockage du foin et/ou des animaux). Stricto sensu, les granges passées au pastoralisme, utilisées en estives comme cabanes pastorales ou « infirmeries », ne sont pas éligibles. Il s’agit de financements FEADER. Contact Monsieur Noté – Direction Départementale des Territoires 65.

 

Cette année, la Fête de Barroude organisée par le Livre Pyrénéen d’Aure et du Sobrarbe les 24 et 25 août, va revêtir une signification particulière. Cela va faire bientôt un an que le refuge a été détruit par un incendie que l’on suppose être du à la foudre (le contenu des enquêtes n’a pas encore été rendu public).
Cette 4ème édition, outre son volet mémoire consacré au patrimoine minier, sera l’occasion d’évoquer le dossier ainsi que les pistes pour une reconstruction du refuge.

Fete de Barroude - refuge pyrénées

Une petite randonnée sans dénivelé à partir du parking de Plana Canal offre de magnifiques échappées sur le canyon d’Añisclo et permet de s’approcher pour contempler les joyaux du Perdido …

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massif du monte Perdido - las dos sorores

En ces temps caniculaires, rien de plus rafraichissant que de rejoindre la Mora dont l’esprit hante l’ibon de Plan, en Aragon. De sa splendide baignoire vous pourrez admirer le Cotiella bien massif, plonger dans l’antre de la belle ou bien tout simplement comater à l’ombre d’un pin doucement bercé par le souffle des montagnes. Peut-être rencontrerez-vous dans votre sieste rêveuse, la Maure qui se languit …

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ibon de plan bassa de la Mora  massif du Cotiella dans le Sobrarbe (Aragon)

L’ibon de Plan également appelé Basa de la Mora

Invités par un sympathique Vendéen, nous avons pu séjourner dans la grange de Coumely 85 qui offre de belles vues vers la Brèche de Roland et le plateau de Saugué. Le lieu nous a servi de camp de base pour pousser jusqu’à Estaubé avec une petite visite circulaire de Gavarnie à la fin du séjour …

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pêcheur au lac des Gloriettes - Estaubé Pyrénées

Pêche aux Gloriettes

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